L’origine de l’idéologie et la religion (des chasseurs et cueilleurs)

L’origine de l’idéologie et la religion (des chasseurs et cueilleurs)

Pour se reproduire une communauté humaine doit se reproduire physiquement. Cela se fait au moyen de sexe et de la nourriture, chauffage, vêtements, d’outils, de l’éducation, de soins médicaux et ainsi de suite. Chez les hommes il y – contrairement aux autres espèces – une nouvelle catégorie essentielle qui a été ajoutée : l’idéologie. Nous définissons l’idéologie comme l’ensemble des idées humaines. Pour se reproduire l’homme doit aussi se reproduire idéologiquement.

Les idées sont générées par le cerveau. Ils existent aussi chez les animaux. L’homme a une particularité, contrairement à d’autres animaux, ses idées peuvent être exprimées par la langue parlée (premier développement important. Nous ne savons pas exactement quand elle a été formée. C’était probablement un long processus, qui peut avoir duré quelques millions d’années. L’une des conditions était que l’homme ou ses prédécesseurs marchaient debout afin que leur larynx descende, ce qui était nécessaire pour produire une langue parlée. Des empreintes d’australopithèques de 3,7 millions d’années de Laetoli (Tanzanie), indiquent que les ancêtres de l’homme (des australopithèques) marchaient déjà debout.

Une deuxième condition était la croissance et le développement du cerveau. Le cerveau des ancêtres de l’homme a grandi significativement à partir d’il y a environ 3 millions d’années. Cette croissance a duré jusqu’à il y a environ 30 000 ans. Après il y a même une petite diminution du volume moyen du cerveau humain.

Il y avait un troisième développement important. L’homme (et peut-être ses ancêtres directs) développaient leur capacité de ‘Theory of Mind’, la capacité de comprendre ce que d’autres hommes pensaient.

Ces trois développements sont relatés à la capacité des hommes à coopérer. Ils avaient besoin d’un grand cerveau pour

Où s’insère l’idéologie dans la biologie humaine et la société humaine? L’idéologie doit aussi être (re)produite.

L’homme est un animal, mais un animal évolué. Les mammifères se reproduisent par le biais du sexe et de l’alimentation. Pour l’humanité ce n’est pas suffisant. Elle doit également reproduire son idéologie, l’ensemble de ses idées. Ceci est nécessaire parce que depuis que l’homme a une langue parlée il ne peut pas réaliser son haut niveau de productivité sans ses idées (sur la technologie, la société, l’éducation, la moralité, etc.). Après un long développement, des communautés humaines, il leur était devenu impossible d’obtenir des aliments sans les connaissances qu’ils avaient acquises. Ceci est bien expliqué dans un article par Kaplan, Hill, Lancaster et Hurtado.[1] Les communautés humaines se reproduisent. La reproduction de l’idéologie humaine fait partie de cette reproduction.

La reproduction de l’idéologie

L’idéologie humaine est composé de plusieurs types d’ idées : sociales (claniques, totémiques, exogames, morales, éducatives, religieuses, philosophiques, esthétiques, juridiques etc.) techniques, biologiques et ainsi de suite. Les idées religieuses font partie du terrain des idées sociales, qui sont une composante de l’idéologie humaine.

Une communauté humaine se (re)produisait par (1) la production matérielle (chasse, cueillette, fabrication d’outils et marchandises), (2) la production biologique de l’homme et (3) la production idéologique.

La reproduction idéologique de l’homme devait nécessairement passer par une longue période d’apprentissage. Hommes et femmes atteignaient le maximum des connaissances entre 35 et 40 ans.[1] A travers les idées, les enfants et les jeunes acquéraient, le savoir des adultes et des vieux.

L’idéologie était et est une force productive, mais elle n’était pas sans contradictions. Certains aspects de l’idéologie (le sacrifice humain) sont contre-productives tout comme sont certains outils (les bombes nucléaires, des instruments de torture, la drogue, etc.) ou peuvent être contre-productives (des médicaments).

Les connaissances approfondies des chasseurs-cueilleurs

 


(à suivre)

Marc Vermeersch
Marc.vermeersch@gmail.com


[1] Hillard Kaplan, Kim Hill, Jane Lancaster, A. Magdalena Hurtado, A Theory of Human Life History Evolution: Diet, Intelligence, and Longevity, Evolutionary Anthropology, 9, 2000.
[2] Voir l’oeuvre collectif: Editeurs Barry S. Hewlett and Michael E. Lamb, Hunter-Gatherer Childhoods. Evolutionary, Developmental & Cultural Perspectives, 2005 (2009).

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